LA BOLIVIE le 12 juillet par le lac Titicaca, un des lacs navigables les plus hauts du monde puisque situé à 3800 m d’altitude, 165 km de long sur 60 de large, alimenté par 25 rivières, une partie au Pérou et l’autre en Bolivie ;
Copacabana : C’est dans cette ville que viennent de loin les conducteurs, les carrosseries recouvertes de banderolles et fleurs en tissu pour être bénies le dimanche; rituel insolite né dans les années 40 par les pélerins qui faisaient bénir leur véhicule pour le retour, tellement la route était dangereuse !
Dans une quinzaine de jours, nous espérons récupérer le premier colis de livres scolaires de Chloé à la poste de LA PAZ, cela nous laisse juste le temps d’effectuer une boucle en Amazonie (Trinidad – Santa Cruz – Cochabamba ), après un ravitaillement : les denrées sont bien moins chères qu’au Pérou et nous devons encore trouver une banque pour faire du « cambio » : ici, on paye en bolivianos et le cours du jour est 10 bolivianos pour 1€, le carburant diesel est à 0,30 €/litre , je vous entends d’ici, cela reste très très raisonnable !






Nous commençons donc par « la route de la muerte» : une route de piste à flanc de montagne qui a la particularité suivante : le sens de conduite est inversé , nous roulons donc à gauche (comme les anglais), ce qui implique que le conducteur (dans ce sens-là c’est nous aujourd’hui) frôle le ravin pour ainsi mieux évaluer à combien de centimètre il se trouve du vide ! C’est une piste, impraticable par temps humide qui a la double difficulté d’être étroite et donc à certains passages, fréquents à mon avis, il n’y a qu’un véhicule qui passe et c’est nous qui lui devons la priorité ! Inutile de préciser qu’ils la prennent ,voire la forcent souvent et nous ne croisons évidemment que des poids lourds (bus de tourisme, camions de transports de personnes surchargés de passagers et bagages volumineux, camions de livraison…). Résultat : 75 km en 5 heures .







Deuxième partie : courte distance : Caranavi – Yumoco = 160 km en 8 heures ( moyenne de 20 km/h), réveillés à l’aube, partis dès 7 heures ; nous descendons dans la vallée de Yungas donc la chaleur devient humide, la route toujours aussi caillouteuse, la moiteur ambiante est au maximum. Lorsque nous croisons un autre véhicule, toujours le plus souvent un camion, le nuage qu’il provoque nous oblige à stopper car la visibilité est nulle.La végétation est dense et carrément tropicale et les habitations restent sommaires, nous croisons peu d’autochtones.




Notre itinéraire d’aujourd’hui ne devait comporter que 48 km ; mais en prenant la route ce matin, nous avons embranché sur la mauvaise piste et comme il n’y a pas de villages intermédiaires, nous ne nous en apercevons qu’au bout de… presque 100 km ! Il nous faut rebrousser chemin (car pas de route perpendiculaire nous sommes entourés de jungle épaisse et humide ). Pour ajouter un peu de piment à l’aventure, un bruit suspect sous le véhicule nous occupe l’esprit pendant 10 km : il s’agit de la bride de pont qui est déboité : il faut faire immédiatement une réparation de fortune, teneur de l’humidité en air = 95%, à 35°C, nous sommes à 80 km de tout, le stress est au maximum. Et pour couronner le tout, le premier hameau rencontré au bout de …2 heures ne distribue pas de diesel. On nous avait prévenu, en Bolivie, nous pouvons attendre plusieurs jours avant d’avoir du carburant ; heureusement, nous avons un jerican de réserve et à la vitesse où l’on roule, c’est assez économique.



A partir de San Borja, le paysage change radicalement : ranches, grandes étendues planes déforestations où l’élevage de bétail est partout sur des dizaines de km . Nous croisons assez de gauchos façon ouest -américain et trouverons refuge pour la nuit dans une de ces haciendas.
15/07 La route est toujours si mauvaise, par endroits 20 cm de « farine » qui s’immisce dans tous les interstices ; il faut dire que nous faisons la trace car nous rencontrons un véhicule à l’heure. Nous nous trouvons dans la réserve nationale de Pilon-Loja et nous prenons la route dès le lever du jour pour pouvoir faire un peu plus de km ce jour. Et là, nous sommes comblés par le spectacle qui s’offre à nous : le nombre d’oiseaux multicolores est impressionnant ; dont aras, toucan, échassiers en tout genre et rapaces qui chassent ; différentes espèces de cigognes …L’accotement est jonché de flaques d’eau formant des mini-étangs où dizaines de caïmans prennent leur bain matinal au beau milieu de piranhas. Moustiquaire indispensable ! Nous passons ensuite une zone pas mal déforestée, en espérant que la végétation d’hier n’est pas tout ce qui reste de l’Amazonie…
Petit interlude : barque très très rustique pour nous faire traverser par trois fois des fleuves ; nous avons même pu voir des dauphins roses, les filles se sont bien amusées. Une petite frayeur tout de même à cause du porte-à-faux du camping-car, pour les locaux « cela passe toujours »…


















Trinidad : passage obligé pour trouver un peu de civilisation, internet et du diesel . Il faut vous expliquer que le diesel est distribué au compte-goutte : alors que la Bolivie produit bien du pétrole, il est trop léger pour faire du gasoil = elle en échange donc en Colombie et, l'Argentine et les résidents sont tributaires de l’approvisionnement plusieurs fois par semaine ; nous n’avons encore pas bien compris leur système d’organisation car il y a souvent des queues monstres de trucks surtout plusieurs fois par semaine, ainsi qu’un petit trafic parallèle de revente mais la distribution tardive dans la journée se fait dans le calme en règle générale : nous avons même été surpris quand à la station « El Oasis » , on nous a proposé de rester stationner la nuit , nous offrant douches et commodités, pour être aux premières loges lorsque le camion apparaîtra le lendemain , et on nous a fait passer en priorité lorsqu’à …12h il est enfin arrivé ! Il y a vraiment des gens serviables , on n’en est pas encore revenu !
A suivre, une partie plane, sèche et déboisée car cultures agricoles, élevage de vaches et le pire en arrivant sur Santa Cruz des kilomètres de champs de tournesol et maïs, pesticides et désherbants sans complexes, nous découvrons là de belles belles propriétés : c’est cette partie du territoire , le Béni ,qui prône pour le « Si autonomia ! » (oligarchie qui se bat pour son indépendance), et nous comprenons mieux pourquoi…






A contrario, la route de montagne qui s’ensuit, creusée de gorges magnifiques nous réhabitue doucement à l’altitude et nous nous retrouvons dans les nuages, renfilant les pulls rangés 3 jours auparavant, un vent glacial et quelques hameaux accrochés aux montagnes, il y en a même un appelé « La Siberia » ! La route ici est en très mauvais état , on n’en voit pas le bout et toujours proche des 4000 m d’altitude, rien ne nous prédisposait à nous arrêter là, encore moins d’y passer la nuit ; mais notre route a croisé de nouveau celle des canadiens (Louise et Pierre) qui ont un problème mécanique, finalement, nous ne sommes pas pressés, nous apprécions leur compagnie …et pendant que les hommes démontent le roulement du véhicule, nous faisons la causette avec les autochtones tellement émouvants avec leur bonnet bigarré et le « ruana »(pancho en laine de lama), plus que de circonstance ! Et ils défilent tour à tour,curieux, intéressés par nos bicyclettes que nous leur cèderons à un prix défiant toute concurrence…
Les derniers 200 km qui nous séparent de Cochabamba : montagnes dénudées, traversées par des gaséoducs, petites cahutes au toit de paille ou de terre, simplement joli à la vue car on ressent avec tristesse la rudesse de la vie dans ce paysage, et la disparité des classes sociales dont nous nous sommes rendus compte ces derniers jours …désormais, nous ne croisons guère de véhicule, (quel type de touriste à part nous pourrait bien s’aventurer dans des endroits pareils avec une route si affreuse)mais seulement des troupeaux de lamas (nous n’en avions peu revu depuis le Pérou) et des visages endurcis mais tellement attendrissants, ébahis de constater que quelqu’un s’intéresse à eux.
Le 21 juillet : Cochabamba : ville moderne mais tellement arriérée du point de vue gestion des déchets, cela la rend inesthétique, nous ne ferons que passer, d’autant qu’ il nous tarde de traverser à la hâte les 300 km de l’altiplano qui nous sépare de La Paz, paysage trop monotone .






Le 21 juillet : Cochabamba : ville moderne mais tellement arriérée du point de vue gestion des déchets, cela la rend inesthétique, nous ne ferons que passer, d’autant qu’ il nous tarde de traverser à la hâte les 300 km de l’altiplano qui nous sépare de La Paz, paysage trop monotone .
LA PAZ : A faire dans l’ordre : * gâteau et 41 bougies pour Eric
*La Poste : inorganisée au possible pour une capitale c’est moyen !
*le service d’immigration pour faire prolonger notre visa, car à la douane ils ne nous délivrent qu’une autorisation de 30 jours pour visiter c’est déjà limite, dans notre cas cela ne sera pas suffisant ,
*internet : le débit est si bas que nous mettront 12 heures (si ,si vous lisez bien) pour poster la mise à jour de la partie II du Pérou (alors savourez bien les photos !!), il est vrai que notre site est lourd, mais c'est pour vous que nous nous donnons tout ce mal!
* une laverie pour les 10 kg de linge des 15 derniers jours (vous ne croyez quand même pas qu’on fait notre lessive tous les jours !) et en plus il ne s‘agit pas de laverie automatique, depuis l’Amérique latine, on nous demande la journée pour faire 2 machines , à condition d’amener le linge tôt le matin…Mais bon, il est plié et empaqueté pour 10 bolivianos(1€) le kg , ne faisons pas les difficiles…
* l’Alliance française qui est un organisme qui permet de promouvoir la découverte entre le pays et la France, favoriser les échanges surtout étudiants, … on y trouve souvent un bon achalandage de livres et revues françaises, conseils pour des lieux de villégiature, bonnes adresses, etc… Les filles aiment y aller pour la bibliothèque et médiathèque où elles se régalent de bandes dessinées, revues , magazines d’actualité, ce qui nous manquent le plus durant ce voyage !!






Du 26 au 30 juillet : puisqu'il nous faut "meubler" autour de La Paz pendant une semaine, le temps qu'ils trouvent notre colis, nous décidons de passer quelques jours au parc national SAJAMA et notre flair a porté ses fruits car il n'y a pas meilleur endroit pour trouver sérénité, calme, et reposer nos esprits : plateau à 4300 m d'altitude, entouré de glaciers dont le plus haut de Bolivie à 6500 m et qui fait le plaisir d'andinistes de toutes nationalités... Seules âmes qui vivent : des troupeaux de lamas et leurs bergers qui élèvent les bêtes et récoltent la laine dès novembre et subsistent du tourisme le reste de l'année : le parc est fréquenté aussi pour ses eaux thermales ainsi que "geysers" (ou plutôt bains bouillonnants) dans un environnement sauvage et bien que la température tourne autour de 0° à cette saison, moins 15°C la nuit, nous y avons apprécié ballades, rencontres, observations d'animaux et voie lactée...











































A cet endroit, nous aurions pu poursuivre quelques kilomètres et nous retrouver au Chili, mais il nous faut retourner sur La Paz pour la poste si nous voulons être libres de tracer plus au sud. Et avant de retrouver la ville, nous faisons un léger détour sur Carahuara de Carangas où un petit bijou d'église en adobe qui nous fait étrangement penser à la Chapelle sixtine se cache car non indiqué sur les cartes...Et malheureusement ce n'était pas le jour qu'il fallait choisir pour revenir sur la capitale, secouée par diverses manifestations populaires, où des 8 heures se mettent en place des mouvements de foule, armée et policiers sur l'avenue principale (précisément sur le parvis de la "correo centrale") et où la circulation automobile est impossible...Nous éviterons de nous stationner dans la rue des ambassades, comme les nuits auparavant, afin de ne pas être trop proche au cas où les évènements tournent mal.Nous nous résignons à aller passer une nuit sur le parking de l'hotel Oberland, où se réfugient quantité de voyageurs en camping-car car il est bien gardé et les propriétaires suisses, qui ont tout compris au business, mettent en relation clientèle et médecin plurilingue ou mécano sérieux et expérimenté ; l'endroit est malgré tout sommaire, un parking poussiéreux sans entretien entre mur et poubelle mais il nous permet de souffler une nuit, faire une recharge électrique, avoir la wifi pour mettre à jour nos messages, et faire de plaisantes rencontres de voyageurs et où nous rejoignent avec grand plaisir Manuela et J.C (rencontre précédente au Pérou avec qui nous gardons contact). Le lendemain, dernier essai, sans conviction, le colis postal est enfin trouvé, nous sommes soulagés car la semaine prochaine était la semaine de la fête nationale du pays et le 10 aout, un référendum organisé pour voter pour ou contre les chamboulements politiques du nouveau président, Evo Morales, élu en 2005, premier président issu de la population indigène qui ne fait pas l'unanimité des électeurs à ce jour...



































2 août : nous retraversons l'Altiplano pour une journée de route en direction du Salar d'Uyuni, celui qui nous fait tant rêver et causer depuis quelques jours, tant nous entendons d'expériences heureuses ou non, témoignages si controversés quant à la qualité des pistes faisables en camping-car ou non...Donc nous y sommes: une boucle que nous attaquerons côté Colchani pour ceux qui connaissent :
Le Salar d'Uyuni :
Immense étendue de "mer" de sel à la surface c'est aussi la plus grande réserve de lithium en-dessous , le plus grand désert salé du monde, 11500 km2, d'une longueur de 170 km du Nord au Sud, parsemée tout de même de quelques îles de caillou volcanique...A 3600 m d'altitude, tenue de "sport d'hiver" exigée (bonnet, moufles, lunettes de soleil, crème solaire, doudoune et "moonboots" si vous voulez...), matériel indispensable : une carte approximative (elles le sont toutes ici) et à défaut de GPS : une boussole plus qu'utile ! Nous y avons passés 3 jours inoubliables, renouant avec le camping sauvage, seuls sur une île déserte formée de pierre coralienne et de grands cactus, au milieu de nulle part (île du pescado), le silence en était assourdissant! seuls quelques chinchillas venaient montrer le bout de leur museau et par 2 fois dans la journée un 4x4 bondé de touristes mais leur timming serré ne leur permettant pas de flaner trop longtemps sur un site, ils n'auront pas trop dérangé notre tranquilité, ...
Nous quitterons le site par San Juan pour rejoindre la frontière chilienne ; heureusement que le panorama est splendide car la route est exécrable, à peine tracée et le gel de la nuit a transformé les flaques d'eau en glace qui fondent dès l'arrivée du soleil, ce qui nous fait étrangement penser à une route sur neige de printemps...belles glissades, Eric est heureux car il a pu effectuer de jolis travers, même pas exprès ; c'est donc aussi pour cette raison que nous ferons d'abord le désert d'Atacama avant de remonter sur la Bolivie pour visiter le sud Lipez : de là où nous sommes, la piste est meilleure jusqu'à Ollague (Chili) et Calama pour rejoindre San Pedro de Atacama ; et les conseils de voyageurs nous amènent à un petit endroit insoupçonné avant le salar d'Atacama : la Vallée de la luna, un paysage lunaire .
Malheureusement, du sud Lipez nous ne verrons que la laguna Verde car l'état de la piste est le pire du pire que nous ayons connu et la raison nous oblige à rebrousser chemin après 10 km de ballottage incessant dans un circuit incertain avec des dévers parfois à la limite du dangereux, allant même jusqu'à déformer une gente, alors que nous ne pourrons pas en trouver ici... ; pourtant à l'entrée du parc, on nous avait assuré que la piste est "bueno bueno, esta posible con tu casamovile!" ; c'était semble-t-il pour nous faire payer l'entrée de la réserve (20 € ), et le comble : comme nous n'avions plus de bolivianos nous payons en pesos chiliens avec une marge de 8 € au passage qu'ils se sont bien mis dans la poche ceux-là... Réserve Eduardo Avaroa qui n'a d'ailleurs que le nom car vaste toile d'araignée de pistes enchevêtrées tellement les "4x4 travel turismo..." se déchaînent afin que le touriste fasse de la piste vierge et en aie pour son argent ! Pour nous, cela fait chère la photo, mais "qu'est-ce que tu veux, c'est le jeu Lucette!"
Pourtant, c'est vraiment un joli pays, chaque centaine de kilomètres nous offre une diversité de paysages avec des palettes de couleurs chaque fois saisissantes ; les boliviens nous ont plu , simples, discrets et parfois indifférents dirait-on, mais lorsque l'on daigne parler un peu avec eux, ce sont des populations charmantes et bien moins intéressées que dans le précédent pays . Pour nous autres voyageurs de passage, la vie y est facile, sereine ; a contrario, la leur est si rude et loin d'être tranquille. La seule ombre au tableau reste la gestion des déchets, car ils ont vraiment un problème avec cela et cela nous peine , mais j'en parle un peu plus loin...




